Episode 1 : Statuts du Mouvement Démocrate : Vous avez dit séparation des pouvoirs ?
Je vais donc étayer au fil des prochains articles les raisons de l’horreur anti-démocratique que représentent les statuts et le règlement intérieur du Mouvement Démocrate en mettant en lumière 4 points fondamentaux qui en partagent principalement la cause. Je commencerai donc ici avec la séparation des pouvoirs.
Qui suis-je ? Carriériste politique, je dénonce constamment la concentration des pouvoirs en France, je m’offusque des collisions d’intérêts et du non respect du principe de séparations des pouvoirs jusqu’à en faire des livres. Pour autant, je ne voudrais pour rien au monde mettre en pratique ces convictions au sein de ma propre organisation politique pour mieux la contrôler. Je suis.., je suis…
Si Montesquieu arrivait dans l’organisation politique où il devrait retrouver ses plus fervents partisans, je n’imagine même pas quelle pourrait être sa réaction.
Les statuts du Mouvement Démocrate donnent à son Président non seulement tous les pouvoirs sans aucune contrepartie ou devoir en retour, mais également la maitrise de l’ordre du jour de toutes les instances.
Imaginez une seconde Sarkozy siégeant à la fois à la présidence de l’Exécutif, à la présidence de l’Assemblée Nationale, à la présidence du Conseil Constitutionnel, ministre de la Justice et procureur.
Notre chefaillon, citoyen Bayrou pour ne pas le nommer, serait en première ligne pour le dénoncer.
Quelle exemplarité, quelle crédibilité pouvons nous prétendre à parler de Démocratie et d’Etat impartial quand nous ne sommes même pas régis par le principe élémentaire de séparation des pouvoirs dans un microcosme sociétal tel qu’une organisation politique.
Certains diront qu’un parti politique n’a pas vocation à être démocratique. Sauf que le problème c’est que ce parti s’appelle le Mouvement Démocrate. D’ailleurs le citoyen Bayrou s’évertue à ce que l’on privilégie l’appellation Mouvement Démocrate à celle de MODEM.
Les autres partis ne se revendiquent pas démocrates. Ils peuvent donc prétendre à l’organisation qu’ils souhaitent pour servir pleinement et uniquement les carriéristes qui les dirigent. Leurs militants le savent et ils sont là pour jouer uniquement les supporters et les colleurs d’affiche, grand bien leur fasse ils sont heureux ainsi.
D’ailleurs, une étude minutieuse des statuts du PS et de l’UMP vous démontreraient que même les statuts de ces carriéristes, jacobins, étatistes ne sont pas aussi autocentrés sur leur Présidence, même s’ils partagent à peu de choses près les mêmes règlements et organisations oligarchiques que le Mouvement Démocrate.
La question qui mérite d’être posée est la suivante.
Comment 60 000 personnes qui revendiquent des valeurs démocrates profondes ont pu se laisser emporter en novembre 2007 dans un régime interne dictatorial sans la moindre protestation ?
Citoyens, l’heure de votre mea-culpa semble avoir sonné.
En aparté et à votre bon plaisir, je ne peux que vouloir partager la citation de la semaine sur le sujet de la part du responsable communication du Mouvement Démocrate.
«Aujourd’hui les statuts du MoDem sont les plus démocratiques qui soient. Par exemple en cas d’exclusion, les personnes ont droit à une audition contradictoire. Ce n’est pas vraiment comme ça qu’a fait Martine Aubry avec Frêche!».
Je laisse le soin aux exclus et ceux qui sont en train de se faire exclure de se prononcer eux-mêmes sur les conditions de « l’audition contradictoire ».

Commentaires Récents